Suite du #thread sur le cycle du combustible #nucléaire : on passe au retraitement du combustible usé, qu'on appelle parfois, très maladroitement, traitement des déchets ou, pire, recyclage des déchets. L'épisode précédent :
On continue ? nitter.fdn.fr/TristanKamin/sta… Normalement, on enfourne nos 1200 tML de combustible chaque année, on laisse mijoter trois ans et on revient voir, mais on va faire ça en accéléré, hmmm ? 😁 On avance dans ce #thread sur le combustible #nucléaire !
Show this thread

5:34 PM · Dec 4, 2018

11
70
21
142
Lorsqu'on a parlé enrichissement, conversion, fabrication du combustible, on avait produit 1075 tML par an d'uranium sous la forme de dioxyde d'uranium, enfournées en réacteur pour environ 3 ans - et donc, évidemment, la même quantité déchargée des réacteurs chaque année.
3
0
0
10
Après 2 ou 3 ans de refroidissement dans les piscines des BK des centrales nucléaires, ils sont transportables, et c'est là que le périple recommence. Bon, là, plus que jamais, on va être dans in modèle franco-français à mort.
1
0
0
10
Parce que le retraitement, très pratiqué en France, il est aussi pratiqué par les anglais et les russes, les japonais essayent, et... C'est tout. Certains pays le font faire par d'autres, beaucoup ne le font pas du tout et gardent le combustible tel quel en sortie de réacteur.
2
0
0
11
En préparant ce thread, j'ai fait une moisson phénoménale d'images, donc ça va être ultra visuel, mais je trouve que ce qu'on appelle « l'aval du cycle » en met vraiment plein les yeux parce qu'on connaît ce monde encore moins que les réacteurs.
1
1
0
12
En plus : 1 - des réacteurs en service, on en a 58 identiques (ou presque), alors que des usines de retraitement, on en a 2 identiques seulement, donc ça a ce côté rare qui est très classe
1
0
0
11
2 - La France est à la pointe mondiale dans le retraitement, alors que dans les réacteurs, elle est un acteur plus ordinaire, pas forcément très glorieux ces derniers temps. Donc y'a une fierté nationale dont je ne me cache pas 😋🇫🇷
1
2
0
31
Par contre, concernant les illustrations, ça va un peu alourdir, mais vu le nombre de photos, je vais faire l'effort de créditer les auteurs à chaque fois que j'en aurai le nom. De toute façon, faudrait faire ça systématiquement. Bref, entrons dans le vif du sujet !
2
0
0
9
Notre combustible usé à transporter est extrêmement radioactif. Sans protection, je ne prends pas de risque en vous disant qu'au contact d'un assemblage, vous prenez une dose mortelle en quelques dizaines de secondes. Ça déconne pas. En plus de ça, il chauffe.
2
0
0
15
Donc pour le transport : - Protection contre les radiations - Dissipation de la chaleur - Protection contre les agressions externes Donc le transport se fait dans des espèces de conteneurs dédiés, qu'on appelle « châteaux ». En voici un exemple.
2
0
0
21
Celui-ci est probablement un château de combustible usé japonais acheminé par la mer, mais, pour les réacteurs EDF, ils sont transportés en train jusqu'au terminal ferroviaire de Valognes, proche de Cherbourg (Manche, Normandie), dans des wagons dédiés.
1
0
0
12
C'est d'ailleurs assez stylé de passer en train dans cette gare et de voir ces alignements de massifs blancs. Enfin, stylé dans le style industriel, hein. De là, ils sont acheminés en camion sur environ 20 bornes jusqu'à l'usine de retraitement d'@OranolaHague.
6
0
0
14
Tout le long du voyage, départ, arrivée, à chaque chargement/déchargement (à minima), c'est contrôle radiologique : débit de dose au contact, à distance, recherche de contamination à l'extérieure, jusqu'entre les ailettes de refroidissement.
1
0
1
9
Des transports, il y en a évidemment beaucoup dans la partie amont, j'en ai pas parlé à cette occasion, mais les même contrôles sont pratiqués, évidemment - même si le débit de dose est plus faible de beaucoup d'ordres de grandeur.
1
0
0
8
À l'arrivée, après déchargement du combustible, les châteaux ont droit à leur session de toilettage : contrôles, éventuelle décontamination de l'intérieur... On déconne pas là-dessus, j'imagine à peine combien chacun doit coûter 😱 Crédit : E. Larrayadieu.
3
0
1
11
Mais revenons un peu sur le terme « châteaux ». Je ne sais pas d'où vient le terme, mais il est approprié : ce sont de monstrueuses forteresses. Orano parle d'un ration de 100 tonnes de blindage pour 10 tonnes de combustible transporté - ça déconne pas...
2
0
0
13
Les américains, d'ailleurs, ont un certain sens du spectacle à ce sujet... invidious.fdn.fr/1mHtOW-OBO4?t=85 Parmi les critères de l'AIEA : - Tenue à une chute de X m - Tenue à une chute de Y m sur un poinçon - Tenue Z heures à l'incendie - Tenue W heures à la submersion
2
2
0
25
Tenue à tous les chocs susceptibles d'être rencontrés dans le transport, y compris déraillement du train... Bref, en cas d'accident, risque de gros dommage... Par destruction de tout ce qui rencontrera le conteneur 😋. Pas franchement par dispersion de son contenu.
1
0
0
16
Y'a un million de choses à dire sur les transports ; en faisant mes recherches, j'ai trouvé une quantité folle de schémas, d'écorchés de différents type de conteneurs, de vidéos de test... Donc on va s'arrêter là et rentrer dans le vif du sujet du retraitement :p
1
0
1
10
Ce dernier, il se pratique donc à l'usine d'Orano La Hague, dans la province du même nom. D'ailleurs, à tous les gens du milieu : arrêtez d'appeler l'usine « La Hague ». La Hague, c'est le nom de tout le secteur, en orange sur l'image.
2
0
0
10
L'usine, c'est le petit rond bleu, donc cites « usine de La Hague », « Orano la Hague », « l'établissement de la Hague », « la Coge » (diminutif de Cogema, l'ancien nom d'AREVA, les gens du coin utilisent encore ce nom parfois), mais s'il-vous-plaît, pas juste « La Hague ».
3
1
0
10
Si ça peut vous décider, en l'appelant juste « La Hague », vous donnez raison à Rousselet, directeur de campagne antinuc de @greenpeacefr, qui déplore un détournement du nom de ce très bel endroit pour cette vilaine usine. Vous voulez pas lui donner raison, hein ?
2
0
0
21
(petite coupure téléphonique, j'en étais où ?) L'usine de La Hague, donc. On devrait même dire les usines : deux usines jumelles de retraitement (UP3 et UP2-800), en service ; une usine de retraitement en démantèlement (UP2-400)...
2
0
0
7
Une station de traitement des effluents en démantèlement (STE2), une autre en service (STE3), et une paire d'installation de recherche en démantèlement aussi. Le tout adossé au Centre de Stockage de la Manche (CSM exploité par @Andra_France), site de stockage de déchets FMAVC.
2
0
0
10
Voilà la bête. L'espèce de terrain de golf, c'est le CSM. Toute la partie haut-droite de l'image, l'usine de La Hague. Partie inférieure gauche, des entreprises qui font partie de la constellation d'industrie entourant l'usine.
3
3
0
14
Une autre image. Les plus hautes cheminées font environ 100 m. On est pas sur du discret, mais on est loin des 120 m de certaines tours aéroréfrigérantes des centrales, et loin des 300 m de certaines centrales à charbon ou biomasse.
1
0
0
10
Pour une visite aérienne guidée : invidious.fdn.fr/watch?v=3Lz4fX6C… (J'ai un peu honte, mais faut bien avouer que la vidéo est cool, on voit vachement bien, et puisque c'est public... J'vais pas me priver).
4
0
0
11
Alors, le retraitement, comment ? Et bien le combustible, à son arrivée, on commence par le décharger de ses conteneurs, puis... On le met à refroidir en piscine. Oui, encore. Des piscines assez énormes, cependant. Le tout de manière automatisée ou à distance, évidemment.
1
0
0
11
Attention, pluie de photos. Je les trouve vraiment trop belles, ces piscines (y'en a plusieurs, 4 de mémoire, réparties sur l'usine). On va aller en zoomant de plus en plus près. Crédit : E. Larraydieu.
1
0
0
15
Les assemblages combustibles sont regroupés dans des paniers. Les piscines reçoivent essentiellement du combustible EDF, toujours le même type, mais parfois aussi de l'exotique : réacteurs de recherche, ou réacteurs étrangers. Crédits : S. Jezequel (x2), P. Lesage.
4
0
2
19